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La prière
Le jeune
Le Prophète Muhammed

 Introduction pour une approche spirituelle de la vie du Prophète

 


 
 
La naissance du Prophète
 
 
Le voile intellectuel

Les textes s'interposent aujourd'hui entre les musulmans et la personne de cet auguste homme qu'est le Prophète. Ces précieuses sources écrites sont propices et suffisantes pour nouer un lien rationnel qui consiste à référencer des sources et en tirer des déductions logiques. Une relation rationnelle, donc profane.

En réduisant l'Islam à sa composante rationnelle, on retient de la personnalité du Prophète, puisse Dieu prier en sa faveur, les signes intellectuellement perceptibles d'un leader surdoué, d'un homme dévoué et d'un militant déterminé. On parle alors d'un modèle islamique qui prône un engagement militant au service d'une idée qui aboutit à la solution. Le cœur et le spirituel, écarté dans ce genre de construction, reste un sous-entendu, un tabou, une affaire privée.

La Naissance signifierait dans ce cas l'avènement d'une nouvelle juridiction ou philosophie mieux adaptée qui répond aux besoins d'une raison de plus en plus active, destinée à jouer un rôle inédit dans l'histoire de l'humanité.

Les liens du cœur

Ma relation avec le Messager, puisse Dieu le saluer, doit-elle être une relation essentiellement intellectuelle où j'apprécierais sa ligne de pensée et la littérature de ses récits ? Ou une relation communautaire ; puisque j'appartiens à sa grande communauté ? Ou une relation politique ; car j'adhère à une solution islamique qui opte pour la concertation comme principe de gouvernement ? Ou une relation juridique car je souhaite appliquer le droit musulman ?

Les premiers fidèles se sont joints au Prophète, car il fut la source de la guidée qui leur venait de Dieu ; il fut celui que Dieu leur envoya. Ils recherchaient Dieu. Mohammad était Son messager. Ils n'appliquaient pas des textes en l'absence d'un modèle, mais aimaient, suivaient et obéissaient à cet illustre être élu de Dieu envoyé comme miséricorde pour toute l'humanité de la part du Tout-Puissant et Compatissant.

Un homme, rapporte 'Â-ichah l'épouse du Prophète, vint voir le Messager de Dieu et dit : « Tu es plus aimé de moi que ma famille et tous mes biens. Chez moi je me souviens de toi et je ne puis me retenir de venir et de te regarder. Mais j'ai pensé à ma mort et à ta mort et j'ai réalisé que lorsque tu rentreras au paradis tu seras élevé en compagnie des prophètes et que si j'y rentre, je ne pourrai plus te voir. » Dieu révéla alors : « Celui qui obéit à Dieu et Son Messager sera avec ceux comblés du bienfait de Dieu dont les prophètes, les véridiques, les martyrs et les pieux. Et quelle excellente compagnie ! »(1)

Dois-je alors avoir une relation de cœur avec le Messager de Dieu ? Oui ! et c'est l'amour d'abord.

Amour et joie du cœur

Aimer le Messager plus que tout, plus que soi est un signe du parachèvement de la foi. C'est ce qui fait goûter à la douceur de la foi. Quelle joie que de passer d'une « foi » que l'on récite à une foi que l'on goûte ! Pour cela, le cœur doit prendre sa place dans notre perception du Message et du Messager. Conjuguer le cœur et la raison. Le rationnel et le spirituel. Borgne sera notre perception si ne ressentant aucune joie dans nos cœurs suscitée par cet heureux événement, nous nous posons la question légitime « Est-il permis de célébrer la naissance du Prophète ? »

Certains raisonnements abusifs, dissuasifs et totalitaires avancés et propagés tentent aujourd'hui d'étouffer, sous peine d'innovation conduisant en Enfer, toute manifestation de joie, pieuse ou non, liée à la naissance du messager de Dieu. S'il est compréhensible que certains fervents légalistes restent sur leur garde, il n'y a pas de raison d'étendre la phobie à toute la communauté.

Loin de diviniser le Messager, le libre cours à l'amour et au respect doit rester un fleuve qui irrigue les cœurs joyeux de la guidée de leur Seigneur.

Abou Lahab, l'oncle du Prophète promis à l'Enfer dans le Coran, bénéficie d'un allégement tous les lundis, jour de naissance de son neveu où il montra une telle joie qu'il affranchit la servante « Thouwaïbah » qui vint lui annoncer la nouvelle. Le prophète célébrait le lundi, jour de sa naissance en le jeûnant. Il a célébré aussi le jour de salut de son frère le Prophète Moïse, dixième jour du mois lunaire de moharram, que la communauté juive de Médine célébrait aussi. S'appuyant sur ses arguments, des savants tels que Ibn Hajar al-'Asqalânî auteur de Fath al-Bârî, As-Souyoutî éminent savant du neuvième siècle de l'Hégire, Abu Châmah maître de l'illustre Nawawî, As-Sakhâwî et autres se sont prononcés sur la légitimité juridique de célébrer cette naissance par des actes pieux d'adoration et de bienfaisance(2).

Les compagnons, sachant que les actions seules ne pouvaient les élever au degré du Prophète bien-aimé pour l'accompagner au paradis -nous, de même- étaient heureux de savoir que la voie de l'amour assurait cette précieuse compagnie. Un homme demanda au Prophète : « Quand l'heure ? » « Qu'as tu préparé pour elle, dit le Prophète ? » « Rien, dit l'homme, sauf que j'aime Dieu et Son messager. » Le Prophète de répondre : « Tu es avec celui que tu aimes. » » En rapportant ce Hadith, Anas le compagnon ajoute : « Nous n'avons jamais été autant heureux que lorsque le prophète a dit : « Tu es avec celui que tu aimes. » Et moi j'aime le Prophète, Abou Bakr et Omar et j'espère être avec eux de par mon amour pour eux bien que je n'aie pas œuvré autant qu'eux. »(3)

La naissance du Prophète est un geste d'attention particulier, de la part d'un Seigneur Patient et Indulgent, exprimé envers des humains qui ont oublié leur raison d'être, leur identité originale et leur prime nature. Les gens, distraits et insouciants, savent que la vie sur terre à une fin mais se laissent entraîner dans l'oubli, puis, interrogés par les anges dans la tombe, ils subissent la surprise, les remords.

Par ailleurs, la naissance du Prophète est une occasion pour l'élection divine parmi les humains. Les hommes et les femmes choisis par Dieu pour être compagnons de son Prophète ne pouvaient pas l'être sans cette opportunité. Pour nous aujourd'hui, plusieurs siècles plus tard, cette naissance n'est pas moins prometteuse, car l'élection divine se fera pour toujours. « Parmi ceux qui m'aiment le plus dans ma communauté, annonce le Prophète, il y a des gens qui viendront après moi. Pour me voir, ils seront prêts à abandonner leurs familles et leurs biens. »(4) Ces gens sont dits Frères du Prophète dans d'autres Hadiths(5) , et ils rejoignent les compagnons dans l'agrément que Dieu leur accorde. Dieu dit :« Les précurseurs parmi les Immigrés et les Auxiliaires ainsi que ceux qui les ont suivi sur la voie de l'excellence sont agréés de Dieu et ils L'agréent. »

La prétention de l'amour du Prophète fleurit chez les paresseux et les pervers. Nous devons accomplir vis-à-vis du Prophète un pacte à double volet : aimer et suivre.

Les vrais fidèles aiment le Prophète, le suivent et lui obéissent. C'est le signe du vrai amour, car Dieu dit : « Dis, si vous aimez Dieu suivez-moi. Dieu vous aimera et vous pardonnera vos pêchés. »

Renouveler son pacte

Renouveler notre pacte avec notre Messager est le souci capital de ce texte. Un pacte usé par l'écart creusé à travers le temps. La vision devient floue et fragmentée, et la relation terne et affaiblie. Renouveler ce pacte mal nourri par la simple référence aux textes et l'alignement juridique bon-gré, mal-gré sur les limites de Dieu, nécessite un modèle humain. Un avantage que les compagnons avaient en présence du Prophète. Pour les fervents chercheurs de la foi, le Prophète annonce des rénovateurs pour la communauté tous les siècles(6) et recommande à chacun de renouveler sa foi par la bonne parole « Il n'y a de dieu que Dieu. »(7)

Louange à Dieu d'abord et à la fin, et que Ses salutations aillent vers le Prophète Muhmmad, sa famille, ses compagnons et ses frères.

Notes :
1 Rapporté par Abou bakr al-Haïthamî dans Majma' az-zouâ-id, Abou Nou'aïm dans Al-Hiliyah, at-Tabarânî dans al-Aoussat et as-Saghîr
2 Voir I'ânat at-Tâlibîn pp.363-364 édition Dâr al Fikr.
3 Rapporté par Boukhari, Mouslim et autres
4 Rapporté par Mouslim selon Abou Houraïra
5 Rapportés par at-Tabarânî, Ahmad, Abou Ya'lâ et autres
6 Hadith rapporté par Abou Dâwoud, al-Bayhaqî et al-Hâkim selon Abou Houraïra.
7 Hadith rapporté par Ahmad, at-Tabarânî



 
Introduction pour une approche spirituelle de la vie du Prophète

 

La venue de l’Archange Gabriel[1], que la paix soit sur lui, au temps du Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui,  et des Compagnons, que Dieu les agrées, ne fut pas un acte anodin mais un événement majeur et riche en enseignements qui visait à éclairer les musulmans sur l’étendue et la profondeur de l’islam. En effet, grâce à l’échange qui eut lieu entre l’Archange et le Prophète, les musulmans, à travers le temps et l’espace ont pu prendre conscience que le chemin menant à Dieu est conforme à l’image d’une pente ascendante comportant trois stations : l’islam, la foi (al imane) et la bienfaisance (al ihsane).


La clé ouvrant la porte de l’islam est l’attestation de foi. Témoigner qu’il n’y a de Dieu que Dieu et que Muhammad, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, est son Messager permet d’accéder à la foi si cette attestation est accompagnée de certaines vertus. Parmi ces vertus figure l’amour de Dieu, qu’Il soit exalté, et du Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui. « Trois sentiments, dit le Prophète, font goûter à celui qui les éprouve la douceur de la foi (al iman) : aimer Dieu et Son Prophète plus que tout, aimer son frère uniquement pour l'amour de Dieu et détester revenir à l'infidélité à Dieu comme l'on déteste tomber dans le feu »[2]. Comment aimer Dieu sincèrement ? Il nous répond par le verset suivant : « Dis : si vous aimez vraiment Dieu, suivez-moi, Dieu vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Dieu est Pardonneur et Miséricordieux »[3] . Ainsi, le Prophète est la personne qu’il faut aimer et imiter afin d’accéder à Dieu. Quelle est donc la place qu’occupe le Prophète dans notre cœur, nous qui sommes en quête de la Face de notre Seigneur ? Comment la développer et l’entretenir ?


I.Le statut de l’amour du Prophète

Dieu, qu’Il soit exalté, dit : « Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers que Dieu, Son Messager et la lutte dans le sentier de Dieu, alors attendez que Dieu fasse venir Son ordre. Et Dieu ne guide pas les gens pervers »[4].

Selon Anas Ibn Malik, le Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, a dit : « Ne sera véritable croyant que celui pour qui je deviendrai plus cher à son cœur que ses enfants, ses parents et plus que quiconque ».

Ainsi, l’amour du Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, est une exigence de la foi ; celle-ci ne peut parvenir à sa plénitude sans un attachement profond et intense à un homme qui n’avait comme seul souci que le bien de sa communauté. La foi de Omar Ibn Al-Khattab, que Dieu l’agrée, n’a d’ailleurs atteint la perfection que lorsqu’il sentit au plus profond de son cœur un amour sincère et sans limite pour le Guide de l’humanité[5].


II.Le mérite de l’amour du Prophète

Alors qu’un homme demanda au Prophète, que la paix et le bénédiction de Dieu soient sur lui, « A quand l’heure ? », il lui répondit « Qu’as-tu préparé ? ». « Pas grand chose sauf que j’aime Dieu et Son Envoyé » reprit humblement cet homme. Le Prophète lui annonça alors une bonne nouvelle qui emplit son cœur de joie et celui des compagnons présents : « Tu seras en compagnie de ceux que tu as aimés »[6].

Ainsi, le simple fait d’aimer une personne, et en l’occurrence le Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, peut nous permettre d’obtenir sa compagnie dans la vie dernière bien que nos actes ne soient pas comparables. Cet amour doit être sans limite. Il doit être plus fort et plus sincère que l’amour que l’on voue à notre entourage et à nos biens. Ce n’est qu’ainsi que nous aurons l’immense privilège d’être élevés au rang des Prophètes au Paradis : « Ceux qui obéissent à Dieu et Son Envoyé, ceux-là seront en compagnie de ceux que Dieu a comblés de Ses bienfaits : Prophètes, hommes véridiques, martyrs, saints. Quels agréables compagnons ! »[7]


III.Exemples de l’amour voué au Prophète

Urwa ibn Masoud rapporte que lorsque les notables de Quraysh l’avaient délégué comme émissaire pour négocier avec l’Envoyé de Dieu, il fut témoin d’actes de révérence étonnants de la part des Compagnons. A son retour, il déclara aux Qurayshites : « O gens, j’ai été envoyé comme ambassadeur auprès de rois, auprès de César, de Chosroes et du Négus mais jamais je n’ai vu un roi que ses sujets honorent comme les compagnons de Muhammad honorent Muhammad. S’il commande quelque chose, à peine a-t-il parlé que déjà l’ordre est accompli ; lorsqu’il fait son ablution, c’est tout juste s’ils ne se battent pour en recueillir l’eau ; lorsqu’il parle, leurs voix se taisent et jamais ils ne le dévisagent, mais ils baissent les yeux par respect pour lui. Il vous a offert une concession amiable, acceptez-la! ». Le comportement des Compagnons du Prophète a tellement marqué Urwa qu’il fut la prémisse de sa conversion à l’islam.

Une femme médinoise perdit au cours de la bataille d’Uhud son père, son frère et son mari. Lorsqu’elle apprit la nouvelle, elle dit : « Et comment va l’Envoyé de Dieu ? ».On lui répondit : « Il va bien. Il est grâce à Dieu comme tu le souhaites ». Elle reprit : « Laissez-moi le voir ! » et lorsqu’elle le vit, elle s’exclama : « Tout malheur après toi est supportable ! ».[8]


Ayda bint Khalid ibn Ma’dan a dit : « Il ne se passait pas un seul soir sans que Khalid, lorsqu’il se mettait au lit, n’exprimât le désir ardent de rejoindre l’Envoyé de Dieu et ses Compagnons. Il les désignait par leur nom, un par un, en disant : « Ils sont ma chair et mon sang ; par eux mon cœur revit. Longue a été mon attente. Seigneur, ne tarde pas à me rappeler à Toi ! » et ceci jusqu’à ce qu’il fût endormi. »


Ainsi était l’amour des bien-aimés du Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, à tel point que la vie et le confort de celui-ci passaient avant tout, à tel point qu’ils n’avaient comme seul désir que de le retrouver après sa mort.


IV. Aimer le Prophète après sa mort

« Après moi, il y aura dans ma communauté des gens dont l’amour pour moi sera tellement fort qu’ils sacrifieraient  leur famille et leurs biens uniquement pour me voir ».[9]

Comment faire en sorte que notre amour pour le meilleur des hommes soit tel qu’il nous conduit à tout quitter pour le rejoindre ? L’amour du Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, n’est pas un sentiment inné mais qui peut être acquis à travers différents moyens :


Demander à Dieu de nous accorder son amour : Aimer le Prophète ne sera possible que si Dieu nous accorde ce grand bienfait et c’est pourquoi il faut débuter notre quête par implorer Celui par qui ce sentiment pourra exister : « Je réponds à l’appel de celui qui Me prie quand il Me prie »[10].


Faire la prière sur le Prophète : Notre Seigneur nous enjoint de prier en faveur de notre Bien-aimé : « Certes, Dieu et ses anges prient sur le Prophète ; ô vous qui croyez priez sur lui et adressez lui vos salutations »[11]. La prière sur le Prophète peut nous permettre d’être plus proche de lui : « Ceux qui mériteront le plus ma proximité le jour de la résurrection sont ceux qui auront le plus prié en ma faveur »[12].


Fréquenter les gens qui l’aiment : la compagnie des gens pieux ayant comme caractéristique l’attachement à l’Envoyé de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, ne peut que nous être bénéfique et est même nécessaire pour prétendre à un quelconque amour envers lui car la fréquentation a de grands effets tel que le décrit le Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, : « Je compare le bon et le mauvais compagnon au vendeur de musc et au chaudronnier. Le premier, si vous le fréquentez, finira par vous donner ou vous vendre partie de sa marchandise, et de toute façon vous sentirez son parfum. A fréquenter le second, vous ne manquerez pas soit de voir vos vêtements brûlés, soit de sentir auprès de lui des mauvaises odeurs »[13].


Étudier sa vie : Comment aimer une personne que l’on ne connaît pas ? Il est dans la nature humaine d’aimer ce qui nous procure un plaisir par les sens (une odeur, un goût), par le cœur et l’esprit (les nobles qualités) ou encore par les bienfaits dont cette chose ou cette personne nous comble. Ces trois causes se trouvent toutes rassemblées dans la personne du Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui. Afin de s’en rendre compte et s’en imprégner, il est nécessaire d’étudier la biographie de cet Homme.


Notes:

(1) Le calife Omar a dit : « Un jour que nous étions assis auprès de l’Envoyé de Dieu, voici qu’apparut un homme aux habits d’une vive blancheur et aux cheveux d’une noirceur intense, sans trace visible sur lui de voyage. Personne parmi nous ne le connaissait. Il vint s’asseoir en face du Prophète, plaça ses genoux contre les siens et posant les paumes de ses mains sur ses deux cuisses. Il lui dit : « O Mohamed ! Informe-moi au sujet de l’Islam ». L’Envoyé de Dieu  lui répondit : « L’Islam est que tu témoignes qu’il n’y a pas de divinité si ce n’est Dieu et que Mohamed est l’Envoyé de Dieu, que tu accomplisses la prière, verses la Zakat, jeûnes le mois du Ramadan et effectues le pèlerinage vers la Maison sacrée si tu en as la possibilité ». « Tu dis vrai » dit l’homme. Nous fûmes pris d’étonnement de le voir, interrogeant le Prophète, approuver ses réponses. Et l’homme de reprendre : « Informe moi au sujet de la foi (l’Imâne) ». « C’est, répliqua le Prophète, de croire en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Apôtres, au Jour dernier, et de croire dans le Destin imparti pour le Bien et le Mal ». « Tu dis vrai » répéta l’homme qui reprit en disant : « Informe-moi au sujet de l’Excellence (l’Ihsane) ».  « C’est, répondit le Prophète, que tu adores Dieu comme si tu le vois, car si tu ne Le vois pas, certes Lui te voit. » L’homme dit : « Informe moi au sujet de l’Heure.» Le Prophète  répondit : « L’interrogé n’en sais pas plus que celui qui l’interroge ». L’homme demanda alors : « Quels en sont les signes précurseurs ?» C’est, dit le Prophète  lorsque la servante engendrera sa maîtresse, et lorsque tu verras le pâtre miséreux, pieds nus et mal vêtu rivaliser dans l’édification de constructions élevées. » Là-dessus l’homme s’en fût. Quant à moi, je restai un moment. Ensuite le Prophète me demanda : Ô, Omar ! sais-tu qui interrogeait ? Je répondis : Dieu et Son Envoyé en savent plus. « C’est Gabriel, qui est venu vous enseigner votre religion »

(2) Rapporté par Mouslim selon Anas

(3) Coran: Sourate 3, verset 31

(4) Coran: Sourate 9, verset 24

(5) Abd ibn Hicham rapporte : Nous étions avec le Prophète alors qu’il tenait la main de Omar Ibn Khattab, quand Omar lui dit : « Ô Messager de Dieu, certes tu es le plus aimé de moi que toute chose sauf moi-même ». Le Prophète lui dit : Non ! (pas encore) Par Celui qui détient mon âme entre Ses mains, jusqu’à ce que je sois plus aimé de toi que toi-même. Et Omar de dire : « Maintenant, par Dieu, tu es plus aimé de moi que moi-même ». Et le Prophète répondit : « Maintenant, Ô Omar »

(6) Rapporté par Boukhari et Mouslim

(7) Coran: Sourate 4, verset 69

(8) Rapporté pas Ibn Is'haq

(9) Rapporté par Ahmad et Mouslim

(10) Coran: Sourate 2, verset 186

(11) Coran: Sourate 33, verset 56

(12) Rapporté par Tirmidi

(13) Rapporté par Boukhari et Mouslim