Perfection

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La prière
Le jeune
Le Prophète Muhammed

 

 

                                                                                                             Etre et agir



Aujourd’hui, le besoin pressant et immédiat est de savoir qui l’on est, quelle est notre véritable identité ? Comment la reconstruire ? Comment agir dans un contexte hostile à l’islam et indifférent à tout ce qui relève de la foi ? Comment avoir une présence positive dans notre société tout en vivant en harmonie avec notre foi ?

Être, c’est avant tout cette présence à Dieu. Le fidèle animé par la foi voue son existence, son action à Dieu jusqu’à ce qu’il porte en lui toutes les vertus de la bonté, de l’humilité. C’est l’effort assidu vers la plus royale des victoires : la victoire sur soi.
C’est préparer la terre pour qu’elle reçoive la semence, préparer son cœur pour qu’il s’illumine à la rencontre du message afin de mieux porter la responsabilité du témoignage. Le Messager de Dieu a dit : « L’image de ce que Dieu a envoyé avec moi comme bonne voie, comme univers de sens, est celle d’une pluie bienfaisante qui atteint une terre. Une partie de cette terre était fertile. Elle absorba l’eau et donna une bonne et abondante moisson. Une autre partie était stérile qui retint l’eau à sa surface pour étancher la soif des gens, abreuver les animaux et arroser les plantes. Une autre partie était plate et aride, ne retenant pas l’eau et ne faisant pousser aucune verdure. Telle est l’image de celui qui a bien assimilé le message, qui le porte et qui rayonne de ses valeurs et de ses vertus. Ou de celui qui n’en a tiré aucun profit, ou enfin de celui qui n’a point accepté la voie de rectitude qui a fait l’objet de ma mission » (1).
Être musulman c’est être soucieux de son devenir, c’est tisser des liens intimes avec le Créateur pour mieux servir les créatures. C’est relever, à la lumière de la spiritualité, le défi de l’amour, amour de Dieu, amour des êtres. « Nul d’entre vous ne goûtera vraiment la douceur de la foi tant qu’il n’aime pas pour son prochain ce qu’il aime pour lui-même » (2).
Être musulman c’est répondre à une triple exigence :

1. Mieux comprendre l’islam :
Mieux comprendre les exigences de l’islam, ses finalités et sa vocation de justice et de paix, c’est aussi mieux comprendre ses responsabilités. Il s’agit d’une compréhension imprégnée de miséricorde et de douceur, et en aucun cas, d’une lecture sclérosée, parcellisée de l’islam qui rebute les gens ou les met dans la gêne et la difficulté.
Lorsque le Prophète a envoyé Abou Moussa et Mou’âd au Yémen, il leur a dit : « Rendez les choses faciles et ne les rendez pas difficiles, annoncez la bonne nouvelle et ne rebutez point ; et soyez toujours en accord »(3).
Et dans le hadith rapporté par Anas : « Rendez faciles (les préceptes de l’islam) et ne les rendez pas ardus ; annoncez la bonne nouvelle et ne rebutez pas ! »(4).
Selon Ibn Mass’oûd, le Prophète a dit : « Malheur aux rigoristes ! » Et il l’a répété trois fois de suite.(5)
La voie du Prophète n’était pas une voie de la démesure, de la sévérité ou de l’excès en tout. Au contraire, c’était la voie du juste milieu, conjuguant à la fois la sagesse et la miséricorde. Selon Abou Hourayra le Prophète a dit : « La religion est aisance et facilité. Celui qui cherche à rivaliser de force avec la religion sera vaincu. Suivez plutôt la voie sage du juste milieu, rapprochez-vous en douceur de la perfection et soyez optimistes. Aidez-vous en cela par vos allées et venues à la mosquée le matin, le soir et une partie du bout de la nuit » (6).

Dans une autre version d’Al-Boukhari : « Rapprochez-vous petit à petit de la perfection ; allez à la mosquée matin et soir en plus de ce que vous faites comme actes d’adoration (prière, lecture du Coran, dhikr) dans les dernières heures de la nuit. Le juste milieu ! Le juste milieu ! Vous arriverez à bon port ».
Donc il est indispensable de se former, pour mieux se réformer et mieux transmettre les bases et les valeurs de la spiritualité musulmane aux futures générations, tout en leur permettant d’acquérir les savoirs nécessaires à leur épanouissement dans la société.

2. S’interroger sur son engagement c’est aussi s’interroger sur sa foi :
« La foi ce n’est pas une simple prétention, ni une vague parure ; mais c’est ce qui est enraciné dans le cœur et qui est concrétisé par l’acte »(7), l'action est le témoignage sincère de l'engagement du fidèle. Il faut donc fortifier et approfondir sa foi par l’effort dans la pratique, par le bel agir. Si la foi relève d'une conviction intime et forte, elle doit s'accompagner nécessairement d'un effort, d'une action. Ainsi, dans le Coran, chaque fois que la foi est évoquée, immédiatement l'obligation d'agir est rappelée. Ce qui indique que la foi appelle nécessairement un engagement. « Ceux qui ont la foi et font bonnes œuvres».
La dimension spirituelle trouve tout son sens dans l'action, comme si la concrétisation de la foi se traduisait par le fait d'être au service de l'homme. Un hadith authentique nous enseigne que notre action doit porter la marque de la spiritualité, donc de la bonté et de l’humilité, jamais de l’arrogance : « Dieu, honoré et glorifié, dit le jour de la résurrection : « O fils d'Adam ! Je suis tombé malade et tu ne m'as pas rendu visite ». Il lui dit : « Seigneur ! Comment seriez-Vous malade pour que je Vous rende visite alors que Vous êtes Le Seigneur et Maître de l’univers ? ». Il dit :" N’as-tu pas su que Mon adorateur untel est tombé malade et tu ne lui as pas rendu visite ? N'as-tu pas su que si tu lui avais rendu visite tu M'aurais trouvé auprès de lui ?". « O fils d'Adam ! Je t'ai demandé à manger et tu ne M'as pas donné à manger ». Il dit : « Seigneur ! Comment pouvais-je Vous donner à manger quand Vous êtes Le Seigneur et Maître de l’univers ? » Il dit : « N’as-tu pas su que Mon adorateur untel est venu te demander à manger et tu ne le lui pas donné ? Ne sais-tu pas que si tu lui avais donné à manger tu aurais trouvé cela auprès de Moi ? « O fils d’Adam ! Je t’ai demandé à boire et tu ne me l’as pas donné ». Il dit : « Seigneur ! Comment pouvais-je Vous donner à boire, Vous le Seigneur et Maître de l’univers ? » Il dit : « Mon adorateur untel t’a demandé à boire et tu le lui as refusé. N’as-tu pas su alors que si tu lui avais donné à boire, tu aurais trouvé cela auprès de Moi ? » (8).

Vivre une foi c’est vivre une authentique spiritualité, c’est trouver l’équilibre entre la fidélité à la voie du prophète et les exigences du contexte afin de pouvoir témoigner de sa foi au quotidien. C’est déployer l’effort intime pour conserver vivante sa foi, l’intensifier et la renforcer.
C’est imiter sincèrement le Prophète. Sentir comme le Prophète, agir comme le Prophète et se comporter comme lui, c’est se laisser pénétrer d’amour et irradier l’amour. C’est aussi être d’une activité inlassable au service de Dieu, donc au service de l’humanité. Le Prophète, notre modèle par excellence, était toujours le premier à secourir ses frères en humanité et à se lever pour défendre la société dans son ensemble.

3. Témoigner et rayonner de sa foi :
Promouvoir une présence positive, participer, dans le respect de son identité, à l’évolution de notre société dont nous sommes membres à part entière, contribuer à une situation meilleure, à une citoyenneté plus épanouie et plus acceptée. Collaborer au nom des valeurs communes et promouvoir le « vivre ensemble ».

Le « vivre ensemble » un grand défi !
L’exigence de notre foi nous invite justement à promouvoir le « vivre ensemble », dans la richesse des particularités, dans la richesse des différences. Néanmoins, nous ne pouvons nous cantonner dans une vision idyllique, car notre réalité est toute autre, à l’heure où la seule grille de lecture de la rencontre de l’islam et de l’occident, n’est perçue qu’au travers d‘une vision essentialiste pour ne pas dire simpliste, opposant d’un côté «l’occident des lumières » face à « l’islam de tous les obscurantismes ». Cette vision réductrice aura pour conséquence l’isolement, l’enfermement et la montée des extrêmes.

Nous devons nous engager, créer des liens et des partenariats – à condition de ne pas perdre ou de diluer son identité – afin de refuser cette lecture dangereuse du monde, de réfuter les caricatures et les raccourcis simplistes et favoriser, finalement, l’échange et l’enrichissement mutuels.
C'est aujourd'hui qu'il faut être présent, s'exprimer et agir dans l’espace public, expliquer la spiritualité musulmane, témoigner et rayonner de sa foi. Il faut également avoir un discours clair et précis, oser dénoncer les injustices et se démarquer de toutes les lectures et de toutes les actions qui légitiment la violence. Nous devons cesser « d’être des sujets parlés pour devenir des sujets parlants ». (9)

Si la participation citoyenne ne préoccupe qu'une minorité, beaucoup de musulmans engagés ont pris conscience de l’ampleur des défis à relever, qui sont à la mesure de l'exigence de leur foi. Comprendre nos textes, étudier le contexte et contribuer à l'essor de notre société en posant la question de la spiritualité, des valeurs et de la dignité humaine.


Notes:
(1) Hadith unanimement reconnu authentique, rapporté selon Abou Moussa.
(2) Hadith unanimement reconnu authentique, rapporté selon Anas.
(3) URA selon Abou Bourda.
(4) URA.
(5) Rapporté par Moslim et Abou Daoud.
(6) Rapporté par Al-Boukhari et An-Nassaî.(7). Rapporté par Daylami dans al-Firdaws.
(8) Rapporté par Moslim selon Abou Hourayra
(9) Phrase prononcée lors d’un meeting du collectif « une école pour tous et toutes et contre les lois d’exclusion ».



                                                           

 

 

                                                                L’amour et la citoyenneté de la foi


 

 L’amour, ce sentiment noble qui éclaire l’esprit et le chemin de l’humain, représente l’essence du Message transmis par le Prophète de l’islam à ses compagnons et à travers elles et eux à l’humanité. Trouvez-vous bizarre de parler de cela dans un climat de haine où l’islam est perçu par ses détracteurs comme une religion violente et/ou trop rigide ? Si oui, alors ce court écrit est un appel afin de libérer les consciences des obstacles que posent la géographie et l’idéologie et ce pour redécouvrir la foi et la confiance.

Amour de Dieu

Le saint Coran nous explique explicitement que Dieu est aimant, Il aime et S’aime. Quand Il aime quelqu’un, Il lui facilite l’accès à son amour et lui permet alors de suivre les traces de Son Messager, Mohammad, bénédiction et salut sur lui.

Nous trouvons ainsi le verset suivant dans lequel Dieu, exalté soit Son Nom, ordonne à son Prophète de dire aux gens comment l’amour se traduit au quotidien: « Dis : Si vous aimez vraiment Dieu, suivez-moi, Dieu vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Dieu est Pardonneur et Miséricordieux » 1.

Ce n’est pas un sentiment farfelu sans aucun engagement que ce verset présente aux gens, mais plutôt un pacte d’appartenance, une sorte de carte de citoyenneté de la foi 2 .

De cette façon, l’amour ouvre les portes de la connaissance du Créateur et te dirige vers le chemin de l’apprentissage et l’ascension de la foi.

L’amour représente également une preuve de la véracité de ta croyance en Dieu. Ainsi Dieu dit : « Or les croyants sont les plus ardents en amour de Dieu » 3 .

Savoir choisir qui et comment suivre, savoir aimer et comment traduire cet amour en comportement: c’est ce que ces paroles divines expliquent.

Cet amour « vertical », du serviteur vers son seigneur et vise versa, se complète par un amour « horizontal », entre les mortels et qui permet d’obtenir le premier.

Amour en Dieu

C’est dans cette perspective que nous pouvons comprendre le Prophète lorsqu’il dit : « Aimer en Dieu et abhorrer pour Dieu est parmi les anses les plus fermes de la foi » 4 .

Comme dans tout amour, c’est vouloir ce que son bien-aimé veut et refuser et abandonner ce qu’il refuse. Ici encore, l’amour est une manifestation d’un attachement inconditionnel, libéré du monde de la matière avec sa richesse, sa beauté passagère et ses attraits du pouvoir. Cet attachement entre deux humains en liaison directe avec les valeurs absolues de la bonté, la beauté spirituelle et la générosité est considéré comme le premier pas vers l’amour de Dieu.

Nous sommes devant une déclaration universelle de la relation entre l’amour entre mortels et celui qui vient de Dieu : « Ceux (ou celles) qui s’aiment en Moi auront droit à mon amour, ceux qui se conseillent en Moi auront droit à mon amour, ceux qui manifestent toute générosité en Moi auront droit à mon amour, ceux qui s’aiment en Moi sont sur des trônes lumineux » 5 .

Modèles exemplaires

Plus de quatre-vingt fois le Coran explique à son lecteur ce qu’est l’amour. Des dizaines de hadiths du Prophète font de même. Mohammad, béni soit-il, incitait ses compagnons à exprimer cet amour à celui qu’on aime en leur vantant les mérites éternels de ce sentiment.

Cet amour pur a été réellement et ardemment vécu par la première générations des compagnons du Prophète. En le côtoyant, ils ont su assimiler ses significations et les façons de le vivre et de le sentir. Ainsi on peut voir autrement le Calife Omar, connu largement pour sa fermeté dans l’application de la justice. On raconte qu’une fois chez lui, ses amis bien-aimés lui manquaient tellement qu’il n’arrivait pas à en dormir et une fois la première prière de la journée accomplie, il s’empressait d’aller les voir et les prendre dans ses bras. D’autres histoires semblables nous parviennent sur d’autres disciples de cette première génération.

C’est le déficit émotionnel qui explique les divisions ethniques, idéologiques et économiques qui ronge nos sociétés d’aujourd’hui et du passé. Et c’est le manque de ces mêmes principes qu’ont vécus ces gens exemplaires qui fait de nous des personnes faibles et des groupes en désaccord perpétuel.

Héritage spirituel

Vivre l’amour spirituel était toujours une chose importante durant l’histoire des musulmans. Des savants en islam ont dédié des livres entiers pour expliciter les nuances qui entourent ce sentiment noble. D’autres en ont dédié leur vie et y ont basé leur vision de la vie et de la mort. Ils donnaient beaucoup d’importance à l’amour dans l’éducation spirituel. Pour plusieurs parmi eux ce n’est pas la crainte d’un Dieu qui châtie qui pousse le croyant dans le chemin de la perfection de la foi et l’ascension vers les hauts sphères de la connaissance et du savoir spirituel mais plutôt l’amour.

L’un de ces amoureux inconditionnels a laissé éternel ce poème :

« …

Et mon cœur était perdu avant votre amour

Jouait avec l’amour indécent des pêcheurs.

Puis il répondit à votre amour quand vous l’appeliez

Et je le vois incapable de quitter votre demeure.

… » 6

Ceci dit, il est impératif, dans la vague des turbulences par lesquels passe le monde contemporain, de garder le cap vers une citoyenneté qui libère le croyant des appartenances restreintes en ouvrant son cœur à tous ceux et celles qui embrassent la foi et aspirent aux deux bonheurs : de la vie et du Jour Dernier.
[1] Sourate 3 (Âlu-‘Imrân), verset 31.

[2] J’empreinte ici un concept proposé par M. Abdessalam Yassine dans son livre « La Justice, ou les islamistes et le pouvoir ». « La citoyenneté de la foi » traduit les mots : « Al-mouatanah al-imaniyah », c’est une sorte de couverture qui couvre la citoyenneté géographique politique et nationale des musulmans.

[3] Sourate 2 (Al-Baqarah), verset 165.

[4] Hadith rapporté par l’Imam Ahmad, selon le compagnon Albara’e Bno ’Âzeb.

[5] Hadith Qodoci (rapportant des dires de Dieu par la parole du Prophète béni), rapporté par l’Imam Ahmad selon le compagnon Obadata Bno Assamite.

[6] Ibno Al-qayyem Al-Jaouziyah, "Chemin des deux voyages et porte des deux bonheurs".

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Ihssan (Perfection)

Les sens d'« al Ihssane »
Ecrit par Abdelwahed Mouhsine   

« Ihssane » est une notion qui comporte trois sens cités dans le saint Coran et la Sunna (tradition prophétique) :

  1. « Ihssane », c’est adorer Dieu comme si tu le voyais, car si tu ne le vois pas, certes Lui te voit ;

  2. C’est aussi la bienfaisance ou le bel agir avec les gens comme, par exemple, les parents, les proches, les orphelins, les pauvres, les musulmans ainsi que toutes les créatures de Dieu ;

  3. C’est aussi bien faire une action et la perfectionner ; cette action peut être un acte d’adoration, une action courante ou une action sociale.

L’ensemble des trois sens définit les caractéristiques du croyant vertueux et pieux dans son for intérieur, son comportement et sa relation avec la société. Cela nous donne la description désirée et souhaitée de la relation de l’adorateur avec son Seigneur, avec les gens et les choses.


La relation de l’adorateur avec son Seigneur est excellente (ihssanique) si cet adorateur persévère dans son évocation du Seigneur (dhikr), s’il ne se relâche pas dans sa présence à Dieu dans ses actes, s’il craint Dieu, s’il Lui demande assistance, s’il garde espoir en Lui, s’il L’invoque et Lui demande secours avec insistance.


Avec cette excellence dans l’adoration de son Seigneur, son cœur se réforme, son comportement et son caractère s’embellissent, ses intentions ainsi que ses actes se perfectionnent. Il devient une miséricorde pour les créatures et son utilité profite et augmente, ainsi, en fonction de la proximité de son entourage. Son utilité pour la société et les gens en général ne se limite pas seulement à la belle et bonne intention et à son élan vers l’action, mais, plus encore, cela englobe aussi son expérience, son talent et sa capacité à perfectionner avec zèle tout ce qu’on lui confie comme actes.


Le Prophète, paix et bénédictions sur lui, a dit dans un hadith rapporté par Al Bayhaqi d’après la mère des croyants, Aicha, que Dieu soit satisfait d’elle : «  Dieu aime quand quelqu’un d’entre vous fait une action et la perfectionne ». Et dans un autre hadith rapporté par Mouslim, le Prophète, paix et bénédictions sur lui, a dit : « Dieu a prescrit le bel agir (ihssane) dans toute chose ». Dans ces deux paroles du Prophète, paix et bénédictions sur lui, nous trouvons le troisième sens de la bienfaisance qui fait un retour vers le premier sens. La réalisation du premier repose en partie sur l’acquisition du troisième sens.


L’amour de Dieu, Exalté soit-Il, enveloppe les bienfaisants. Celui qui a la plus grande part de Son amour est celui qui Le mentionne, qui est utile aux gens, qui est sérieux, soigneux, appliqué et ingénieux. Son perfectionnement lui donne des moyens indispensables pour satisfaire ses propres besoins terrestres, ceux de sa famille et de sa Communauté. De plus, son travail et ses acquis terrestres le qualifient à se rapprocher de Dieu, le Seigneur des êtres humains, à travers ses bonnes œuvres elles-mêmes.


Revient souvent dans le Coran cette expression : «  Certes, Dieu aime les bienfaisants  », ou  « et Dieu est avec les bienfaisants » dans la sourate « la Vache », deux fois dans la sourate « la Famille de Imrane », et deux fois dans la sourate « la Table servie ». Et dans le coran, il y a de nombreux versets qui nous montrent que Dieu est avec ceux qui acquièrent la piété, ceux qui sont bienfaisants, que Dieu ne lèse point les bienfaisants dans leur rétribution et que la bonne annonce appartient aux bienfaisants. L’incitation au bel agir est répétitif dans le coran, quelle est donc la vérité de l’« ihssane » en détail ?

Après avoir exposé, en tête de ce chapitre, les trois significations de « ihssane » par ordre de degrés, écoutons l’Interprète du Coran, l’Envoyé du Seigneur des mondes afin de situer « l’ihssane » selon la place qu’il occupe dans l’Islam et la foi « al iman ». L’« ihssane » n’a pas un sens flottant ou simplement un sens linguistique mais, c’est plutôt une station dans la religion et un degré spirituel dans l’échelon de la piété avec toute son extrême importance.


L’ « ihssane » est le summum des finalités et l’objectif des Hommes doués de hautes résolutions. Vue la grande importance de cette notion, Dieu, Exalté soit-Il, a organisé pour les Compagnons, que Dieu soit satisfait d’eux, ainsi que pour nous après eux, un événement qui attire l’attention et l’imagination, qui interpelle la raison et la sensibilité afin que les musulmans ne se limitent pas à une compréhension superficielle de leur religion. Cet événement est la descente de l’Ange Gabriel, paix sur lui, pour interroger le noble Envoyé qui était assis parmi ses Compagnons dans une réunion d’apprentissage. Ils ont vu ensemble l’Ange Rapproché et ont assisté au dialogue. Ceci est un exemple éternel de l’enseignement divin rapporté par Boukhari, Mouslim, Abou Dawoud et Nassa’i selon Abou Hourayra et Abou Dharr, que Dieu soit satisfait d’eux, et dont nous prenons un extrait du hadith pour signifier que l’ « Ihssane », c’est que tu adores Dieu comme si tu Le voyais, car si tu ne Le vois pas, certes Lui te voit ». Dans ce récit, le Bien-aimé nous dit à la fin de ce hadith : «  C’est Gabriel, qui est venu vous enseigner votre religion. »


Nous allons citer tout le récit étant donné son importance capitale. Ce hadith a été rapporté par Mouslim, Abou Dawoud et Nassa’i d’après Omar Ibn El Khattab, que Dieu soit satisfait de lui :


«  Un jour que nous étions assis auprès de l’Envoyé de Dieu, paix et bénédictions sur lui, voici qu’apparut un homme aux habits d’une vive blancheur, et aux cheveux d’une noirceur intense, sans trace visible sur lui de voyage, personne parmi nous ne le connaissait. Il vint s’asseoir en face du Prophète, paix et bénédictions sur lui, plaça ses genoux contre les siens et posant les paumes de ses mains sur ses deux cuisses, il lui dit : «  O Mohammed ! Informe-moi au sujet de l’Islam ». L’Envoyé de Dieu lui répondit : «  L’Islam est que tu témoignes qu’il n’y a de divinité si ce n’est Dieu, et que Mohammed est l’Envoyé de Dieu ; que tu accomplisses la prière ; verses la Zakât ; jeûnes le mois de Ramadan ; et effectues le pèlerinage vers la Maison sacrée si tu en a la possibilité ». «  Tu dis vrai » dit l’homme. Nous fûmes pris d’étonnement de le voir, interrogeant le Prophète, approuver. Et l’homme de reprendre : «  Informe moi au sujet de la foi (l’Imâne) ». «  C’est, répliqua le Prophète, paix et bénédictions sur lui, de croire en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Apôtres, au Jour dernier, et de croire dans le Destin imparti pour le Bien et le Mal ». « Tu dis vrai » répéta l’homme qui reprit en disant : «  Informe moi au sujet de l’Excellence (Ihsane). » «  C’est, répondit le Prophète, paix et bénédictions sur lui, que tu adores Dieu comme si tu le voyais, car si tu ne le vois pas, certes Lui te voit. » L’homme dit : «  Informe moi au sujet de l’Heure. Le Prophète, paix et bénédictions sur lui, répondit : «  L’intérrogé n’en sait pas plus que celui qui l’interroge ». L’homme demanda alors : «  Quels en sont les signes précurseurs ? ». C’est, dit le Prophète, paix et bénédictions sur lui, lorsque la servante engendrera sa maîtresse, et lorsque tu verras les pâtres miséreux, pieds nus et mal vêtus rivaliser dans l’édification de constructions élevées. » Là-dessus l’homme s’en fût. Quand à moi, je restai un moment. Ensuite, le Prophète, paix et bénédictions sur lui, demanda : O ! Omar ! Sais-tu qui interrogeait ? Je répondis : Dieu et Son Envoyé en savent plus. « C’est Gabriel, qui est venu vous enseigner votre religion. »


Oui, oh Bien-aimé de Dieu, tu es l’enseignant, quel bel enseignant ! Que Dieu te récompense au nom de toute la Communauté comme il sied à ton rang. La miséricorde de Dieu envers nous, Son désir ardent que nous apprenions notre religion dans sa globalité et comme il faut, connaissant d’avance notre faible compréhension, notre oubli et le pêle-mêle des connaissances diverses dans notre mémoire, Il nous a envoyé un enseignant adjoint venu du ciel qui était ton compagnon (du Prophète) lors de ton Voyage nocturne et de ton Ascension, paix et salutations de Dieu sur toi ainsi que sur le noble Ange.


L’Excellence (l’Ihsane), c’est que nous adorions Dieu comme si nous le voyions. C’est un troisième degré après celui de l’Islam et de l’Iman, qui repose sur ces deux degrés et il n’y a pas de Imane sans Islam et pas de Ihssane sans l’Imane.


La parole de Dieu, Exalté soit-Il, est la meilleure parole et Il est Le meilleur Créateur. Et parmi Ses bienfaits, c’est qu’Il comble de bien celui ou celle qui fait à Dieu un prêt sincère et qui fait ses preuves d’une belle manière. De Sa part, nous recevons une belle subsistance ainsi que des biens divers dans cette vie ici-bas et une très belle récompense et plus encore dans la Vie dernière si nous agissons bien dans ce monde et si nous émigrons vers Lui, Exalté soit-Il, afin qu’Il Nous fasse vivre une belle vie dans ce monde. Il augmentera notre récompense si nous accomplissons le bien et nous accordera une belle part de bien si nous l’implorons sincèrement dans cette demeure ici-bas et une belle part de bien également dans la Vie Dernière.


A Lui les plus beaux noms, Exalté soit-Il. Son Envoyé Elu nous a appelé par la belle exhortation, et si nous répondons favorablement à l’Appel de notre Seigneur et déclarons véridique la plus belle récompense, Il nous accordera la belle récompense dans cette demeure ici-bas et nous éloignera de l’Enfer avec ceux qui ont déjà reçu la belle récompense avant nous. Il Nous a ordonné de suivre ce qu’il y a de meilleur qui nous ait été descendu de la part de notre Seigneur à savoir Son Livre glorieux et la Tradition (sunna) de Son noble Envoyé.


Et dans Son Livre et dans la Tradition de Son Messager, il y a un appel à la bienfaisance envers les parents et à un bel agir dans toute provocation, par bonté et douceur, envers les créatures ; Il Nous a également ordonné de prononcer la belle parole aux gens et de récompenser par le bien tout bien.


Il Nous a créé, Exalté soit-Il, dans la forme la plus parfaite et Nous a ramené au niveau le plus bas dans la demeure de l’Epreuve afin qu’Il éprouve qui d’entre nous est le meilleur en œuvre. Et ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, ceux-là auront une récompense jamais interrompue. A mesure que leur foi se perfectionne et que leurs œuvres s’améliorent, à mesure qu’ils seront proches de l’attribution de leur perfection dans la Vie Dernière où ils seront rassemblés dans la Demeure des Délices dans la forme la plus parfaite. Cela parce qu’ils sont sortis de l’Epreuve pieux et vertueux. Là bas, dans la Résidence de la Vérité, il leur sera dit ce qui a été dit aux Prophètes, aux Véridiques, aux Martyrs et aux Pieux à savoir :


«  Paix sur Ibrahim, ainsi Nous récompensons les Bienfaisants ou les Excellents ; Paix sur la famille d’Elie, c’est ainsi que Nous récompensons les Bienfaisants : «  Ils auront tout ce qu’ils désireront auprès de leur Seigneur : voilà la récompense des bienfaisants » (v34 ;az-zumar).


Là ils auront la bonne annonce : « recevant ce que leur Seigneur leur aura donné. Car ils ont été auparavant des bienfaisants ; ils dormaient peu la nuit ; à l’aurore, ils imploraient le pardon ; et réservaient sur leurs biens une partie au mendiant et au déshérité. » (v16-19 ;Adh-Dariyât)


Et aux Bienfaisantes, la même part de récompense. Aux femmes du Prophète de Dieu et Son Bien-aimé, qui sont obéissantes, repentantes et adoratrices, il leur est dit ceci dans le Coran:


«  Mais si c’est Dieu que vous rechercher ainsi que Son Messager et la Demeure dernière, alors Dieu a préparé pour les bienfaisantes parmi vous une énorme récompense. » (v29 ; Al Ahzâb).


Et à chaque croyante, il est dit la même chose, oh celui ou celle qui entend la parole de Dieu, qui comprend de son Seigneur, qui a espoir en Dieu, qui craint Dieu, et qui aime Dieu. Il n’y a de dieu que Dieu. Et louange à Dieu.

 



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